dimanche 26 septembre 2010

ManiFiesta :: 6000 personnes fêtent la solidarité

ManiFiesta :: 6000 personnes fêtent la solidarité

Tout était contre nous : une tempête a emporté une partie d
es tentes sur le site la nuit précédent la fête, un accident sur l’autoroute a freiné les participants se rendant à ManiFiesta,… Mais malgré tout, 6000 personnes ont tenu à fêter la solidarité ensemble, à la côte belge. Flamand, Wallon et Bruxellois : des mots qui n’existent pas à ManiFiesta!

Coup d’essai, coup de maître? Non, il faut raison garder. Des problèmes dûs à la météo capricieuse de la côte belge ont freiné (un peu) les ardeurs des participants. Mais des citoyens, Belges et étrangers, ont envoyé un signal fort aux dirigeants : « wij zijn één, nous sommes un! ». N’en déplaise à certains.

La fête pop
ulaire a commencé par la « Solidaridance », où comment prouver aux séparatistes que la division, on n’en veut pas ! Et qu’on peut s’amuser en la dénonçant ! La soirée s’est terminée en beauté avec les concerts de Sharko et Buscemi. Entre ces deux moments, quatre orateurs ont pris la parole lors du Moment Central : Aleida Guevara (qui n’est pas « que » la fille de son père), deux représentants syndicaux de la FGTB et de la CSC et Peter Mertens, président du PTB. Et la remise du prix « Solidaire » 2010 au les quatre jeunes filles présentes sur la « flottille de Gaza » a remis un coup de projecteur sur le juste combat des militants pour la paix en Palestine.

Le grand moment de la journée ? L’Internationale, chantée en néerlandais et en français, qui a donné des frissons à tous les auditeurs-chanteurs. Messieurs les séparatistes, le message est clair : wij zijn één, nous sommes un. A l’année prochaine !


vendredi 3 septembre 2010

Négocier à partir d’une autre logique et donner à nouveau une voix à la majorité du pays.

Communiqué de presse :: « Négocier à partir d’une autre logique et donner à nouveau une voix à la majorité du pays. »

« Les compteurs ne sont pas remis à zéro. Il est moins cinq » réagit Peter Mertens, président du PTB, parti bilingue et national. « Ni au nord, ni au sud du pays, ni à Bruxelles, il n’y a une majorité pour la scission du pays. Même une grande partie des électeurs de la N-VA ont élu Bart De Wever et consorts pour qu’ils trouvent une solution, pas pour diviser le pays en deux ou en trois.
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Or ce qui s’est passé aujourd’hui est une nouvelle étape dans une politique de pourrissement consciente. Par une thérapie de choc, on veut aller de crise en crise pour faire changer les esprits. D’impasse en impasse, on veut créer les conditions pour qu’une majorité estime un moment donné qu’il faut en rester là et qu’il vaut mieux se séparer. C’est un jeu anti-démocratique et pervers. »

« Hier la scission des allocations familiales, d’une partie des soins de santé, de la politique de l’emploi, aujourd’hui l’autonomie fiscale et la révision de la loi de financement: tout ça a été concédé mais la N-VA n’en a jamais assez. Aussi continuer (même sous une autre formule) dans la même logique, celle du détricotage du pays, voire de sa séparation, est sans issue. Et va mener à des conflits interminables, particulièrement sur Bruxelles. » ajoute le président du parti de gauche.

Et de préciser : « Il est temps de prendre une autre voie. Que tous les partis qui veulent l’unité du pays, se mettent à table en partant d’une autre logique. Qu’ils osent s’opposer à la folie du séparatisme. Qu’ils dépassent les clivages de « camp francophone » contre « camp flamand » et s’adressent directement à l’opinion publique de l’autre côté de la barrière linguistique pour proposer des solutions communes.»

« Nous rappelons notre appel aux syndicats, aux jeunes, aux artistes, aux progressistes du Nord comme du Sud du pays à former un large front contre la scission. » affirme Peter Mertens. « Ceux qui veulent la solidarité. Qui veulent une sécurité sociale fédérale et forte. Qui veulent rendre vivable la capitale bilingue de notre pays. Qui veulent faire du bilinguime un point fort plutôt qu’une source de conflit. Bref tous ceux et celles qui veulent un pays multinational et uni, doivent maintenant entrer en action contre ce processus pervers et anti-démocratique. Donnons à la majorité du pays une voix. Qui n’est plus soumise à la volonté de quelques stratèges dangereux.»

Service de presse du PTB

www.ptb.be

Contact :

Raoul Hedebouw,
porte-parole du PTB
0477986510

Peter Mertens,
Président du PTB
0487558595

mercredi 1 septembre 2010

Un front large est nécessaire pour contrer le séparatisme

« Un front large est nécessaire pour contrer le séparatisme».


Le président du PTB, parti national et bilingue, appelle les partis démocratiques du Nord et du Sud du pays, les syndicats et les associations, à mener ensemble cam
pagne pour regagner l’opinion publique, particulièrement au Nord du pays. Pour un pays uni et démocratique.

« Qui siège vraiment à la table des négociations ? Est-ce la N-VA qui, en tant que parti politique, est prête à négocier, à émettre des propositions et, en fin de compte, à conclure un compromis ? Ou parlons-nous de cette collection de stratèges du séparatisme qui semblent mener la danse, comme ces commissions d’experts du centre d’études ‘Vives’, de la KUL Louvain, ou du groupe ‘Stratego’ qu’on retrouve derrière Bart De Wever ? Ce genre de groupes ont intérêt à ce qu’il n’y ait, finalement, aucun compromis du tout… Qu’il y ait toujours une demande pour ‘quelque chose en plus’ à obtenir à la table des négociations et que le pays s’enfonce dans un profond bourbier. Pour prouver ainsi que ce pays n’a plus le moindre avenir. Certaines forces sont occupées à jouer un jeu pervers de Stratego, dans le but de procéder rapidement à la scission du pays », constate Peter Mertens, président du PTB.

« C’est une bonne chose que le SP.a et Groen! s’expriment contre le jusqu’au-boutisme maladif de ce groupe ‘Stratego’. Nous avons besoin de toutes les forces démocratiques qui veulent défendre l’unité du pays, aussi au Nord du pays. Car, aujourd’hui, c’est ce qui figure vraiment à l’ordre du jour. Aux yeux des séparatistes, il ne peut plus y avoir de réforme de l’État que si elle les rapproche encore davantage d’une Flandre indépendante. Il n’est depuis longtemps plus question pour eux de ‘bonne’ gouvernance du pays. Car sinon, ils n’oseraient pas proposer de laisser tomber froidement la région de Bruxelles et la conduire ainsi à la faillite », ajoute Peter Mertens.

Le président du parti de gauche appelle à la formation d’un large front afin de contrer ce courant séparatiste : « Nous appelons les partis politiques démocratiques du Nord comme du Sud du pays, ainsi que les syndicats et les organisations citoyennes de mener ensemble une campagne afin de reconquérir l’opinion publique, particulièrement au Nord du pays. Pour un pays uni et démocratique. Car, si nous ne réagissons pas tous ensemble, la surenchère séparatiste finira par donner le ton, comme on le voit déjà sur certains forums de lecteurs de la presse du Nord du pays où on peut parler d’une guerre civile verbale. »

« La gauche, au Sud et particulièrement au Nord du pays, ne peut pas se laisser paralyser par la peur de De Wever. La scission n’apportera rien de bon pour les gens, et cela vaut aussi pour le Nord du pays », a encore ajouté Peter Mertens.

« Au contraire. L’obsession d’une Flandre indépendante va dresser de plus en plus de gens les uns contre les autres, elle limitera les droits des syndicats, elle donnera plus de force aux groupes non élus, comme par exemple l’organisation patronale Voka ou la banque ‘flamande’ KBC… Notre obsession et notre responsabilité se situent ailleurs. Qu’il n’y ait pas de nouveaux murs entre les gens. Que nous ne raisonnions pas en termes de blocs communautaires. Que nous défendions une sécurité sociale fédérale et forte. Que nous rendions vivable la capitale bilingue de notre pays. Que nous nous servions de l’aspect plurinational de notre pays comme d’un réel atout. Que nous unissions les gens, au lieu de les diviser. Que les Flamands, les Wallons et les Bruxellois ne se fassent pas concurrence. Mais que nous soyons ensemble plus forts afin d’affronter la crise à bras le corps. »

Pour plus d’informations : WWW.PTB.be

Raoul Hedebouw,
porte-parole,
0477 98 65 10

Peter Mertens,
président,
0487 55 85 95

(Article du 17 août - David Pestieau) De Wever : « Le patronat flamand est mon patron »
Quelles motivations guident Bart De Wever et sa N-VA ? La N-VA représente-t-elle la vision des néerlandophones en général ? Ou diffuse-t-elle de manière habile les idées des patrons ? Lire la suite de l'article....

Lire tous les articles concernant le sujet communautaire sur le site national du PTB....

lundi 2 août 2010

Programme de la journée MANIFIESTA, le 25 septembre 2010.

Programme

Concert

C'est du belge! Pas de frontières à ManiFiesta: des styles de musique les plus diverses des deux parties de notre petit pays, pour les jeunes et moins jeunes.

Plus d'info.

Débat

Plus d'info.

Paradis des enfants

Plus d'info.

Foire aux livres

En collaboration avec les Éditions Aden, les Éditions EPO, la librairie De Groene Waterman et le Masereelfonds.

Plus d'info.

Sport & Détente

Resto Mundo // Bruxelles-Bredene-Bruxelles // Village de la solidarité // Balade dans les dunes // Tente « La Solidaridad »

Plus d'info.

Ateliers

Avec, entre autres, salsa, zumba, djembé et éco-danse.

Plus d'info.

Cinema

Plus d'info.

samedi 17 juillet 2010

Une université pour tous


Vous n'y connaissez rien au
marxisme ? Les bases ça va mais il est temps d'aller plus loin ? Vous êtes un expert mais ça fait longtemps que vous n'avez plus eu de formation ? L'université marxiste est faite pour vous : depuis dix ans, nous travaillons à faire de cette initiative un évènement toujours mieux organisé et ouvert à un large public. L'université marxiste se déroule du 21 au 26 août.

Nous vivons la plus grave crise économique du capitalisme depuis celle de 1929. Le P.I.B. des pays de l’Union européenne a baissé en moyenne de 4 % en 2009. Cela n’était pas arrivé depuis 80 ans. Les mensonges des médias sur une soi disant reprise n’arrivent pas à masquer les conséquences dramatiques des fermetures et restructurations : le chômage ne cesse de grimper ; la Belgique compte 60 000 chômeurs de plus. Les États se sont endettés pour sauver les banques. L’Espagne, le Portugal et la Grèce appliquent déjà de sévères plans anti-sociaux. Chez nous, le plan Daerden fait peser une sombre menace sur nos pensions.

De plus en plus de voix s’élèvent pour dire : « nous ne payerons pas leur crise ». Certains vont même plus loin et remettent en question le capitalisme et l’économie de marché en tant que tels.
Le prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz, écrit : « De l’héritage de cette crise fait partie le combat à l’échelle mondiale entre les idées. Nulle part ce combat n’est mené avec plus d’acharnement que dans le tiers monde, parmi les gens d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique. Ici fait rage la bataille des idées entre le capitalisme et le socialisme ».

Il semble évident que nous entrons dans une nouvelle période, certes difficile, mais pleine de promesses. À condition toutefois que nous sachions en saisir les enjeux et les opportunités. Et cela ne va pas sans étude sérieuse des contradictions du capitalisme contemporain. Pour ce faire, le marxisme reste la meilleure méthode.

mercredi 16 juin 2010

Elections fédérales du 13 juin 2010 - Résultats à Mons-Borinage

PTB+

Chambre, Mons-Borinage :

Canton

2007

2010

Evolution

Rapport

Boussu

0,75%

1,97%

+1,22%

X 2,6

Dour

0,61%

1,46%

+0,85%

X 2,4

Frameries

0,69%

1,55%

+0,86%

X 2,5

Lens

0,40%

1,28%

+0,88%

X 3,2

Mons

0,95%

2,08%

+1,13%

X 2,2

Sénat, Mons-Borinage :

Canton

2007

2010

Evolution

Rapport

Boussu

0,94%

2,54%

+1,60%

X 2,7

Dour

0,84%

1,84%

+1%

X 2,2

Frameries

0,95%

2,20%

+1,25%

X 2,3

Lens

0,55%

1,39%

+0,84%

X 2,5

Mons

1,13%

2,55%

+1,42%

X 2,6

MERCI !

MERCI !

  • Merci pour votre fidélité à la cause des gens d'abord;
  • Merci d'avoir apporté votre soutien au ptb+ lors du scrutin du 13 juin;
  • Merci d'avoir fait le choix d'un programme politique juste, en faveur des attentes de la toute grande majorité de la population, le choix du ptb+;
  • Vous êtes plus de 2X1/2 supplémentaires à voter pour le ptb+ cette année qu'en 2007, preuve d'un réel désir pour un retour à un meilleur bien-être, pour une société plus équitable.

Encore MERCI !

vendredi 14 mai 2010

2ème Marche du PTB Mons-Borinage à Boussu.


Ce samedi 15 mai 2010 se tiendra, à Boussu, notre deuxième marche, organisée par le Parti du Travail de Belgique.
Cette randonnée pédestre d'environs 9 Kms nous fera découvrir les recoins méconnus de la région.
Pas besoin d'être grand sportif pour y assister. Tout le monde y est cordialement invité.

Le point de rendez-vous au départ se tient à 16h00' à la friterie "casse-dalle", n° 190 rue Cordier à 7900 Boussu.

La participation aux frais d'organisation de 3,00€ donne droit à une boisson gratuite au retour de la marche.


dimanche 2 mai 2010

Grève à Carrefour :: "Pas question de choisir entre devenir chômeur ou travailleur pauvre"

Une délégation du PTB de Mons-Borinage s'est rendue ce vendredi 30 avril auprès du piquet de CARREFOUR "grands prés", afin de soutenir les grévistes.

(Article du site national PTB.BE):

Deux mois après l’annonce d’une très grosse restructuration des magasins Carrefour, les travailleurs s’apprêtent à faire 24 heures de grève ce 30 avril. Le point avec Irène Pêtre, secrétaire nationale de la CNE (syndicat chrétien des employés) pour le secteur commerce.

Benjamin Pestieau

« Touche pas à mon job ». Après les grèves du 27 février et du 3 avril, les travailleurs des 117 hyper et supermarchés Carrefour du pays seront en grève ce 30 avril. (Photo Solidaire, Sim Dereymaeker)

Pour rappel, au programme de la direction : des fermetures, des franchises, des milliers de pertes d’emplois. Pendant deux mois s’est déroulée une longue période dite « d’information » (selon les prescriptions de la loi Renault) pendant laquelle la direction a tenté de montrer les « bienfaits » de son plan et les syndicats ont mené des actions et cherché des solutions.

Alors, après plus de deux mois de conflit, où en est-on ?

Irène Pêtre. Et bien on commence les négociations cette semaine (le 27 avril, ndlr). Elles s’annoncent difficiles parce que le 1er objectif de la direction est de réduire la masse salariale de manière très importante. Et pour y arriver, depuis le début, elle a adopté une stratégie qui vise à nous déstabiliser et à nous diviser entre les magasins qui ferment, ceux qui vont à la franchise, ceux qui vont chez Mestdagh.

Mais ce qui est commun à tous les travailleurs de Carrefour, c’est que tout le monde va perdre du salaire. Car, selon la direction, ceux qui ne sont pas concernés par les fermetures et autres franchises – pour le moment, car ça change tout le temps – doiventchanger de commission paritaire ou trouver une façon de faire les mêmes économies salariales que s’ils changeaient de commission paritaire. Ce qui est impossible.

Dès le départ, j’aurais préféré qu’on dise non à ce plan. Bien sûr, s’il y a des difficultés on peut discuter, mais sans cette épée de Damoclès au-dessus de la tête où le patron dit que « ce plan est prendre ou à laisser sinon on s’en va ».

Vous parlez de stratégie de division et de déstabilisation. Pouvez-vous expliquer comment ça se manifeste concrètement ?

Irène Pêtre. Pendant la période actuelle de la procédure Renault, nous sommes censés apporter des alternatives au plan, donc des propositions pour sauver des magasins. Et bien entendu, chaque délégué essaie de sauver son magasin, c’est logique. Mais cette stratégie patronale divise fortement les gens. Certains travailleurs sont prêts à réduire leurs conditions de travail pour sauver leur magasin, et Lavinay, le directeur de Carrefour, ne se prive pas de l’utiliser dans les discussions. Et comme les organisations syndicales n’ont pas dit non dès le départ à cette stratégie d’analyse par magasin, on a été forcés de travailler comme ça. Je pense que c’est dommage.

Fondamentalement, quels sont les problèmes de l’entreprise ?

Irène Pêtre. Le problème de Carrefour n’est certainement pas les salaires mais bien le fait que le chiffre d’affaire a diminué de 8 % en 10 ans. Et les mesures qu’ils présentent aujourd’hui pour relancer la dynamique commerciale ne marcheront pas car ce sont les mêmes mesures que dans le passé et qui n’ont pas marché.

Mais Carrefour n’est pourtant pas en déficit ?

Irène Pêtre. C’est ça qui est complètement fou. L’entreprise veut rentabiliser ses actions. C’est normal, c’est le capitalisme. Et c’est encore plus vrai depuis que Bernard Arnault (plus grosse fortune d’Europe, ndlr) est arrivé dans le capital de Carrefour il y a deux ans. Il a eu des dividendes, mais moins que prévu. L'action a fortement baissé. Carrefour a alors appelé Lars Olofsson (ex-Nestlé), qui a composé une nouvelle équipe de direction pour augmenter les profits. Par exemple, le nouveau patron de Carrefour pour la Belgique, l’Italie et l’Espagne vient du plus grand distributeur du monde – Wall Mart – connu pour ses bas salaires et ses pratiques antisyndicales.

Depuis, le discours est le même partout en Europe : volonté de faire des économies et menaces de départ – sauf pour la France. Dans les quatre pays où Carrefour a les plus gros chiffres d’affaire, des plans de restriction et de restructuration sont en route.

Et quel est le sentiment du personnel dans les magasins ?

Irène Pêtre. La situation est très difficile à vivre pour les travailleurs. Il y a d’abord des gens très bien qui veulent que ça aille vite, qu’on exerce une pression courte et intense car les gens ne vont pas tenir des mois. Et d’autres, tout aussi bien, qui disent qu’il faut faire traîner les choses, avoir Carrefour à l’usure. Unifier les gens, ce n’est donc pas simple.

Et une fois qu’on est uni dans un syndicat, on doit dégager une stratégie commune entre les trois syndicats impliqués dans le conflit (SETCA-BBTK, LBC et CNE, ndlr). Ceci implique que chacun fasse des concessions et qu’on discute beaucoup pour accorder les violons.

Comptez-vous mobiliser au-delà de Carrefour, vu que le conflit risque de tirer tous les salaires du secteur vers le bas ?

Irène Pêtre. La CNE a plusieurs propositions. Tout d’abord, nous voulons élargir la mobilisation au moins à tout le secteur du commerce. Nous voulons faire comprendre à tous les travailleurs du secteur que ce qui se joue dans le conflit Carrefour c’est la réduction des salaires et des charges. Si Carrefour arrive à passer ses réductions de salaires en forçant un changement de commission paritaire, il n’y a pas de raison que les employeurs des autres enseignes – dans la guerre des coûts qu’ils se mènent – n’essaient pas de faire la même chose.

Par exemple, si le plan Carrefour passe, cela aura immédiatement des conséquences sur les travailleurs de Cora, qui se retrouveraient seuls dans les conditions d’une commission paritaire plus avantageuse. On est également actuellement en négociation avec Delhaize qui essaie aussi de réduire le coût des travailleurs en introduisant une rémunération au mérite et plus à l’ancienneté.

Bien entendu, nous nous opposons à cette logique, car elle n’a pas de fin. On trouve toujours des gens qui travaillent moins cher dans la concurrence. Notre objectif à nous, comme organisation syndicale, c’est d’harmoniser vers le haut.

Les syndicats annoncent une grève générale le 30 avril. Cela ne risque-t-il pas d’affaiblir l’entreprise ?

Irène Pêtre. Cela montre que nous sommes loin d’avoir dit notre dernier mot. On veut clairement exprimer le fait que ce n’est pas aux travailleurs de Carrefour de payer l’addition d’une direction qui n’a pas su faire du commerce.

Aujourd’hui Carrefour veut laisser le choix aux travailleurs d’être des chômeurs ou des travailleurs pauvres. Ils devraient se contenter de l’un ou de l’autre. Au nom de quoi? Peut-être que le jour où on mettra des limites aux bénéfices des actionnaires on pourra raisonner comme ça. Mais en attendant, je ne vois pas pourquoi on accepterait des mauvaises solutions.

lundi 12 avril 2010

Le Parti ouvrier belge (POB) a 125 ans


Le Parti ouvrier belge (POB) a 125 ans

(Cliquez ici pour visiter le site)

Les 5 et 6 avril 1885, naissait le Parti ouvrier belge. Issu du tout nouveau mouvement socialiste de l’époque, le parti a été sans aucun doute un pas en avant dans l’histoire sociale de notre pays.

Peter Mertens

(Cliquez ici pour visiter le site)

Après l’Angleterre, la Belgique a été le premier pays industrialisé au monde. De ce fait, au milieu du 19e siècle se développe une nouvelle classe : la classe ouvrière. Et celle-ci mène une existence pénible. Toute la famille travaille, Même les enfants, dès neuf ans. Il n’y a pas de jour de repos obligatoire, et on travaille de 12 à 14 heures par jour. Le salaire – quand il est payé – est maigre. En 1840, une famille de tisseurs de lin gagne 12,90 francs. 9,25 francs sont consacrés à la nourriture, 1,60 franc au loyer. La moitié des familles ouvrières n’ont qu’un logement d’une seule pièce. La mortalité est très élevée et l’espérance de vie moyenne est de 45 ans à peine.
Les conditions matérielles rendent difficile l’organisation de la classe ouvrière. Et les circonstances politiques sont plus pénibles encore. La Belgique est un paradis réactionnaire. Il est interdit d’exhiber un drapeau rouge en rue ou de « comploter » (de fonder des syndicats). La loi Le Chapelier (1791) sanctionnait les « coalitions entre ouvriers dans le but d’augmenter leurs salaires ». Entre 1830 et 1867, plus de 1 500 ouvriers ont été jetés en prison pour grève. Dans ces circonstances, organiser et conscientiser la classe ouvrière n’est pas facile. On peut tout perdre : salaire, pain, santé, vie. Pourtant, l’ambitieux mouvement socialiste parvient à s’implanter sur le terrain.

Les trois piliers du mouvement socialiste

A l’époque de la fondation du Parti ouvrier belge (POB), un groupe d’ouvriers met en place une coopérative, Le Progrès, et installe son quartier général dans la toute première « Maison du peuple » du pays, à Jolimont, dans la région de La Louvière. Avec un objectif politique : favoriser l’organisation de la classe ouvrière et enraciner le socialisme dans notre pays. Vu la cherté de la nourriture, c’est une initiative géniale. Elle répond aux besoins réels du monde du travail. En 1886, Le progrès produit 24 000 kilos de pain par jour et deviendra bientôt la plus grande boulangerie du pays. Les bénéfices sont redistribués tous les trois mois aux membres, proportionnellement à leurs achats.
A la même période, la même initiative est prise par des ouvriers socialistes gantois qui fondent l’union boulangère coopérative Vooruit. Pour devenir membre, on paye 0,25 franc d’inscription et on peut également y acheter son pain à bas prix. En 1893, Vooruit compte déjà 5 186 membres. Ses locaux deviennent le centre de la vie du parti. Des maisons du peuple apparaissent comme lieux de ralliement et accueillent les socialistes, les colporteurs du journal socialiste Vooruit, l’harmonie, le club de gymnastique, une bibliothèque, etc.
C’est principalement à travers les coopératives que le mouvement socialiste est entré dans les logements des ouvriers. Au début de la Première Guerre mondiale, le mouvement socialiste s’est ainsi implanté dans 541 communes, il possède 96 boulangeries, 172 maisons du peuple, 397 magasins et 170 000 membres.
Le deuxième pilier du mouvement socialiste, ce sont les mutualités. Elles naissent dans une période sans la moindre sécurité sociale, dans le but d’apporter du soutien financier aux ouvriers touchés par la maladie. Un certain nombre de mutualités sont gagnées au socialisme, comme la caisse de secours mutuel La Solidarité de Fayt, associée à la Maison du peuple de Jolimont. Au nord du pays, des mutualités se rassemblent pour fonder, en 1889, la Bond Moyson. Via la collaboration avec les coopératives, certains médicaments et soins médicaux peuvent être accordés gratuitement. Une sorte de Médecine pour le Peuple avant la lettre, cela répond une fois encore aux besoins directs de la classe ouvrière. En 1914, notre pays compte 250 000 mutualistes socialistes.
Le troisième pilier est le plus difficile : l’organisation en syndicats des travailleurs sur leur lieu de travail. Ici, on est face au patron. « Le capital est une force sociale concentrée, alors que le travailleur ne dispose que de sa propre force de travail. La force sociale des travailleurs ne réside que dans leur nombre. Mais la force de leur avantage quantitatif est annulée par leur morcellement », écrit Marx en insistant sur l’importance des organisations syndicales. On peut briser un doigt, pas un poing. C’est une longue histoire de chutes et de redressements. Avec privation du gagne-pain, lock-outs et peines de prison. C’est dans la région gantoise, dans le textile et le lin, que la pensée organisationnelle a pénétré le plus et que naissent les premiers syndicats. À Bruxelles, la classe ouvrière vient principalement de la petite industrie, de l’artisanat. Typographes, orfèvres, cordonniers et menuisiers s’organisent davantage en unions corporatistes. Quant à la combativité, on la rencontre surtout chez les mineurs du Borinage, mais ils restent également les plus difficiles à organiser en syndicats. Les syndicats naissent par entreprise et localement. Ce n’est qu’à la fin du 19e siècle qu’ils se réunissent en fédérations, qui annoncent les centrales actuelles. À cette époque, ils comptent quelques 50 000 membres. En 1914, à peine 7 % des travailleurs sont syndiqués.

La fondation d’un parti ouvrier indépendant, le POB

« Depuis 1847, Marx et moi-même avons toujours défendu ce qui suit : afin que, le jour décisif, le prolétariat soit assez fort pour vaincre, il est nécessaire qu’il constitue un parti indépendant, libre et opposé à tous les autres, un parti de classes et conscient de l’être également », écrit Friedrich Engels à la fin de sa vie. C’est cette conception que Marx et lui défendent au sein de la Première Internationale, première collaboration ouvrière internationale. Les premières sections locales de l’Internationale furent créées en Belgique en 1867 : Les francs ouvriers à Verviers et La Solidarité à Fayt. En 1874, le marbrier Louis Bertrand fonde à Bruxelles une première association ouvrière qui veut intervenir politiquement. La même année, Edmond Van Beveren, peintre en bâtiment, mène des efforts identiques avec succès en région gantoise.
Après diverses tentatives, le POB est finalement fondé en avril 1885. Le parti apparaît comme un groupement de syndicats, de mutualités, de coopératives et de cercles d’étude et de propagande. Il naît comme un parti ouvrier indépendant, même cela est fermement discuté. On finit par conclure : « Nous formons avant tout un parti de classe et nous devons nous en tenir à ce caractère. » Pour y arriver, on fait d’importantes concessions. Aucun groupe ne peut être exclu, le mot « socialisme » est consciemment laissé de côté dans le nom du parti, il y a une aversion pour la théorie (« Cela ne m’intéresse pas », déclare Edward Anseele) et il y existe une grande crainte à l’égard de la lutte des classes.

Malgré son réformisme (la croyance de pouvoir changer et adoucir le capitalisme), la fondation du POB est incontestablement un pas en avant dans notre histoire sociale. Il contribuera à l’organisation de la classe ouvrière en tant que classe, il œuvrera activement à la centralisation syndicale au sein d’un seul syndicat, il brisera la pensée conservatrice dans le pays et il créera à tout le moins de l’espace pour la diffusion du socialisme.

(Cliquez ici pour visiter le site)